mardi 27 septembre 2022

Le maquis du Morillon

 



André BOBAN
Amicale du Maquis de Grandrupt

 PREAMBULE

  En 1943, la FRANCE connaît une nouvelle année noire même si l'espoir d'une libération renaît suite aux revers de l’armée allemande à Stalingrad et au débarquement des alliés en Afrique du Nord.

Depuis novembre 1942, la zone libre n'existe plus et la Wehrmacht a totalement envahi noire pays.

 De nombreux patriotes sont victimes d'exactions, d’arrestations, de procès arbitraires, de tortures, d'internements, de déportations voire d’exécutions capitales

 Le 30 janvier, Laval crée la milice qui aide la Gestapo dans son action de traque des opposants aux nazis.

Le 13 février, le service du travail obligatoire (STO) est instauré. Il prévoit la réquisition des jeunes gens des classes 40, 41, 42 pour travailler au profit d'Hitler et l'aider ainsi dans sa volonté de guerre totale.

 Face à cette situation des plus difficiles et face à la soumission du gouvernement du Maréchal Pétain, des pôles de Résistance s'organisent pour lutter contre l’envahisseur.

C'est ainsi que naissent les maquis dont celui du MORILLON, un des premiers de notre région.

La présente plaquette en évoque les grandes lignes. Elles se fondent principalement sur le récit de Maurice Decousse dans l'ouvrage « Le Désarroi, la Souffrance, l'Espoir » écrit par les combattants de la Résistance de Haute-Saône sous la direction de Jean Reuchet (édition Crimée).

 Elle comprend quatre parties :

    Une évocation succincte du Maquis du Morillon ;

    Une présentation des patriotes maquisards et des résistants en soutien au maquis ;

    Une carte des environs du MORILLON ;

    Une photographie du groupe de maquisards (extraite de l'ouvrage de Daniel BIGE
« Ja Gestapo d'Epinal).

   LE MAQUIS DU MORILLON - (Partie 1)

En mai 1943, des réfractaires au STO constituent un maquis au lieu-dit « Le Grand Bois», forêt dense et très étendue de la commune d’Ambiévillers (Haute-Saône) jouxtant les communes d'Hennezel (Vosges) et de Passavant-la-Rochère (Haute-Saône). Ce camp est situé à 2 kilomètres à peine du hameau du MORILLON.

Les maquisards ont été recrutés par Pierre Tinchant, chef de secteur de Résistance sous le pseudonyme de Roland des Bois (RDB) ainsi que par son frère Jean, chef de secteur au C.D.LR. (Ceux de la Résistance), réseau Mithridate. Ils sont au nombre de 15 aux ordres du chef de camp, Paul Stouvenel.

Le maquis reçoit l'aide de résistants locaux. Ces résistants apportent leur soutien tant au plan tactique (renseignement sur la situation locale et renfort pour les opérations) que logistique (alimentation et besoins de la vie courante).

Les maquisards sont peu armés et ne disposent d'aucun moyen pour conduire des sabotages ; Pierre Tinchant demande un parachutage à Londres.

La demande est prise en compte et les parcelles agricoles de « La Bourrique », commune de Gruey-les-Surance (Vosges) sont retenues comme zone de largage. Leur nom de code sera « Brahms » avec comme message d'annonce du parachutage «la cravate est à pois».

Le parachutage a lieu le 17 août 1943 à 1 heure 15 du matin. Tous les maquisards. Y participent ainsi que 11 résistants locaux dont 2 gendarmes de la Brigade de Vauvillers. Douze containers d'armes, de munitions, d'explosifs, d'essence et accessoires de mise de feu sont récupérés sous 19 parachutes. Ils sont enlevés en deux rotations par un camion U23 conduit par Roger Jolimet et stockés dans une grange du hameau de La Hutte (Vosges). Ils sont inventoriés et répartis dans deux caches à La Hutte. En octobre, une moitié sera transportée à Selles pour être distribuée dans le Sud des Vosges et dans la région de Vauvillers (Haute-Saône).

Cependant fin septembre, la situation locale commence à se tendre ; des doutes se font sentir quant au devenir du maquis. La dissolution est alors décidée le 20 septembre et les maquisards répartis dans le hameau de Droiteval ainsi que dans des fermes de Selles, Claudon et Monthureux-Sur-Saône.

Début octobre, un des leurs, André Beaumont quitte ses hôtes sans raison.

Il réapparaît le 16 novembre dans le hameau de La Hutte. Il accompagne les allemands et les guident vers les caches du parachutage. Dix-huit caisses tombent ainsi aux mains de l'ennemi. Roger Jolimet, réquisitionné pour transporter les caisses à Epinal, parvient à s'échapper ; son épouse, mère de 5 enfants, est alors arrêtée. Elle restera internée pendant 4 mois.

Le 21 novembre, Beaumont poursuit sa basse besogne, arrête Gaston Désiré et le livre aux allemands.

Dès lors, la période la plus difficile est engagée pour les résistants du MORILLON. Tour à tour, sont faits prisonniers, incarcérés dans les geôles nazies et soumis à la torture des interrogatoires : Marcel Brégier, Joseph Bigé et son fils Daniel qui sera libéré fin décembre, Albert Vilminot, Jean Tinchant, Jean Aubertin et son épouse Marie arrêtés devant leurs deux filles de 12 et 9 ans, Bertrand Folliguet, Georges Grandhaye. Ce dernier parviendra à s'évader d'un camp de travail forestier de la Côte d’Or.

Le 27 janvier 1944, le tribunal allemand d'Epinal juge les patriotes du MORILLON et rend son verdict :

    Marcel Brégier, Joseph Bigé, Albert Vilminot, Jean Tinchant, Jean Aubertin et Bertrand Folliguet sont condamnés à mort. Ils seront fusillés le 5 février 1944 à La Vierge, à Epinal ;

    Gaston Désiré est condamné à 20 ans de réclusion. Il Sera déporté en Allemagne et subira les affres des camps nazis ;

    Marie Aubertin est, elle aussi condamnée à 20 ans de réclusion. Elle sera incarcérée à la prison des « Hauts Clos », à Troyes d'où elle sera libérée le 1°’ août 1944, après recours en grâce.

Le maquis du Morillon fut un des premiers de notre région. Armé par des jeunes patriotes, soutenu par des femmes et des hommes prêts à s'investir au péril de leur vie, il avait toutes les capacités pour harceler l'envahisseur. C'était toutefois sans compter sur un traître infiltré par les nazis qui fit sombrer le Maquis dans l'abîme le plus noir, celui de l'internement, de la souffrance, de la déportation et de la mort.

L'oubli ne doit pas marquer ce Maquis. La stèle inaugurée le 22 octobre 2006 dans le hameau du MORILLON rappelle au passant l'engagement et le sacrifice d'Hommes qui voulaient simplement que la France recouvre au plus tôt, sa Liberté et son Honneur.


 LES MAQUISARDS DU MORILLON – (Partie 2)


Paul STOUVENEL :

Garde forestier ; Chef du camp ;
Participe au recueil et à l'enlèvement des containers largués par parachutes, le 17 août 1943 ;
Se réfugie en Suisse avec Pierre Tinchant en novembre 1943 ;
Devient agent des services de renseignement suisses et français et opère à Lyon.

 

Marcel BREGIER :

Né en 1922 ; agriculteur à Gruey-les-Surance (Vosges) : célibataire ;

Entre dans la Résistance en juin 1943 au groupe de Pierre Tinchant ;

Participe au recueil et à l'enlèvement des containers largués par parachutes, le 17 août 1943 ;

Mi-novembre quitte la ferme où il s'était caché pour rejoindre son domicile ;

y est arrêté le 21 novembre 1943 ; Jugé à Epinal le 27 janvier 1944, est condamné à mort ;

Fusillé à la Vierge à Epinal, le 5 février 1944.

 

Paul MULOT :

Participe au recueil et à l'enlèvement des containers largués ;

Après la dissolution du maquis, se réfugie dans le sud de la France où il intègre le Maquis de Stalingrad dans la région de Rodez (Aveyron) ;

Fait prisonnier le 20 juin 1944 ;

Lâchement assassiné par les nazis à Rodez le 17 août 1944.

 

Victor CLEMENT :

Participe au recueil et à l'enlèvement des containers largués par parachutes le 17 août 1943 ;

En août 1944, intègre le Maquis de Grandrupt ;

Tué lors de l'attaque du Maquis.

 

Jean TERVER :

Participe au recueil et à l'enlèvement des containers largués par parachutes le 17 août 1943 ;

En août 1944, intègre le Maquis de Grandrupt ;

Mort en déportation.

 

Gaston DESIRE :

Participe au recueil et à l'enlèvement des containers largués par parachutes le 17 août 1943 ;

Arrêté le 21 novembre 1943 par le traître Beaumont qui le livre aux allemands

Jugé à Epinal le 27 janvier 1944, est initialement condamné à mort ; voit sa peine commuée à 20 ans de réclusion en Allemagne ;

Déporté à l'issue de son procès ; Est rentré des camps nazis à la libération.

 

Jean ROUY :

Participe au recueil et à l'enlèvement des containers largués par parachutes, le 17 août 1943 :

Après la dissolution du maquis, assure la liaison entre les réfractaires cachés dans les fermes de la région et leurs familles ;

Parvient à s'échapper lorsque le traître Beaumont vient l'arrêter le 21 novembre 1943 ;

Intègre le Maquis vosgien du Viombois.

 

René BOYER :

Participe au recueil et à l'enlèvement des containers largués par parachutes le 17 août 1943 ;

Après la dissolution du maquis, se réfugie dans le sud de la France où il intègre le Maquis de Stalingrad dans la région de Rodez ;

Parvient à ne pas tomber aux mains des nazis.

Marc CLAUDEL :

Participe au recueil et à l'enlèvement des containers largués par parachutes le 17 août 1943 ;

Se réfugie en Suisse avec Pierre Tinchant en novembre 1943.

 

Pierre HOFF - Jean PAULUS - Denis FROMENT - Emlile LADIER - Jean DUFAYS :

Participent au recueil et à l'enlèvement des containers largués par parachutes le 17 août 1943 ;

Après la dissolution du Maquis, parviennent à échapper aux nazis et regagner d’autres foyers de résistance.

 

André BEAUMONT :  Le traître

Participe au recueil et à l'enlèvement des containers largués par parachutes le 17 août 1943 ;

Début octobre 1943, quitte sans raison, la ferme où il se cache ;

Connaissant bien les rouages du Maquis, livre aux nazis ses camarades ainsi que certains résistants du soutien au Maquis ;

Aide l'ennemi à s'emparer d'une partie importante des armes, munitions et explosifs reçue lors du parachutage,

Ne sera jamais retrouvé après la guerre.

RESISTANTS EN SOUTIEN AU MAQUIS

(Soutien tant au plan tactique avec le renseignement sur la situation locale et le renfort pour

les opérations que logistique avec l'alimentation et les besoins de la vie courante).

 

Pierre TINCHANT :

Né en 1903 ; directeur de la forge de La Hutte (Vosges) ; Chef de secteur de résistance sous le pseudonyme de Roland des Bois (R.D.B.) ;

Avec son frère Jean, crée le Maquis du Morillon en intégrant des réfractaires au STO.

Participe au recueil et à l'enlèvement des containers largués par parachutes le 17 août 1943 :

S'échappe vers la Suisse en novembre 1943 ; Parvient à se soustraire aux nazis.

 

Jean TINCHANT :

Né en 1906, frère de Pierre ; ingénieur électricien à Hennezel (Vosges) ;

Père de 5 enfants, domicilié à Le Magny (Vosges) ;

Entre dans la Résistance en 1941 au C.D.L.R. (ceux de la Résistance),

Réseau Mithridate, chef de secteur :

Organise la Résistance locale et le Maquis du Morillon avec son frère Pierre ;

Participe à la sécurité et à la protection du site de parachutage du 17 août 1943 :

Arrêté à son domicile le 24 novembre 1943 ;

Jugé à Epinal le 27 janvier 1944, est condamné à mort ;

Fusillé à la Vierge à Epinal, le 5 février 1944.

 

Famille AUBERTIN :

Jean Aubertin, son épouse Marie et ses 2 filles, Janine 12 ans et Denise 9 ans, habitant le hameau du MORILLON, sont en contact direct avec le Maquis ;

Assure le transfert du ravitaillement collecté dans les fermes ou chez les commerçants et transporté par Roger Jolimet ;

Fin novembre, après l'arrestation de ses parents, Janine est contrainte de guider les allemands sur l'emplacement de l’ex Maquis ; la baraque, dernier vestige du maquis, est alors incendiée ; Janine est amenée à Epinal pour un interrogatoire serré ; elle sera libérée en fin de journée.

Jean AUBERTIN :

Né en 1903, agriculteur au hameau du MORILLON ;

Entre dans la Résistance en mai 1943 au groupe de Pierre Tinchant ;

Participe à la sécurité et à la protection du site de parachutage du 17 août 1943 ;

Arrêté à son domicile avec son épouse devant ses filles, le 25 novembre 1943 ;

Jugé à Epinal le 27 janvier 1944, est condamné à mort ;

Fusillé à la Vierge à Epinal, le 5 février 1944.

 

Marie AUBERTIN :

Arrêtée à son domicile avec son mari, le 25 novembre 1943 ;

Jugée à Epinal le 27 novembre 1944, est condamnée à 20 ans de réclusion ;

Incarcérée à la prison de la « Loge Blanche» à Epinal puis des «Hauts Clos» à Troyes ;

Libérée le 1° août 1944, après recours en grâce.

 

Joseph BIGE :

Agriculteur au hameau des Trois Bancs, commune de Claudon (Vosges) ; marié, 1 fils ; ancien combattant de la Guerre 14-18 ;

Entre dans la Résistance en 1943 au groupe de Pierre Tinchant ;

A la dissolution du Maquis, accueille René Boyer ;

Arrêté avec son fils Daniel le 23 novembre 1943 ;

Jugé à Epinal le 27 janvier 1944, est condamné à mort ;

Fusillé à ta Vierge à Epinal, le 5 février 1944.

 

Daniel BIGE :

Fils de Joseph, 17 ans en 1943 ;

Arrêté avec son père, le 23 novembre 1943 ;

Subit la torture des interrogatoires des nazis :

Reste incarcéré jusqu'au 31 décembre 1948.

 

Albert VILMINOT :

Né en 1889 ; Officier en retraite après la guerre 14-18, secrétaire de mairie à Claudon,

Marié, 7 enfants dont l'aînée Germaine assure les liaisons avec le maquis ;

Entre dans la Résistance en 1942 au groupe de Pierre Tinchant ;

Arrêté à son domicile le 23 novembre 1943 ;

Jugé à Epinal le 27 janvier 1944, est condamné à mort :

Fusillé à la Vierge à Epinal le 5 février 1944.

 

Bertrand FOLIGUET :

Né en 1915 ; marié ; 2 enfants ; gendarme à la Brigade de Vauvillers ;

Entre dans la Résistance en 1942 au groupe de Pierre Tinchant ;

Participe à la sécurité et à la protection du site de parachutage du 17 août 1943 ;

Arrêté le 30 novembre 1943 lorsqu'une trentaine d'allemands en civil investissent la gendarmerie de Vauvillers ;

Jugé à Epinal le 27 janvier 1944, est condamné à mort ;

Fusillé sur sa demande en tenue de gendarme à la Vierge à Epinal, le 5 février 1944.

 

Gabrlel MORGE : (Gaby)

Electricien à la Forge de La Hutte, domicilié Moulin des Bruaux à la Basse-Vaivre (Haute-Saône) ;

Participe à la sécurité et à la protection du site de parachutage du 17 août 1943 ;

Après la dissolution du Maquis, accueille Pierre Tinchant, Paul Stouvenel et Marc Claudel ;

Intègre un Maquis de la Haute-Saône ;

Le moulin des Bruaux est incendié par les nazis et la milice le 1er août 1944 alors que Madame Morge et les enfants sont cachés dans la cave. Ils seront marqués à tout jamais par cet événement.

 

Roger JOLIMET :

Employé à La Forge de La Huite (Vosges) ; marié ; 5 enfants ;

Bras droit de Pierre Tinchant ;

Transporte avec un camion de la société d'électricité dirigée par Pierre Tinchant, le ravitaillement collecté dans les fermes et destiné aux maquis ; Enlève avec son camion les containers largués par

parachute le 17 août 1943 (2 rotations vers La Hutte) :

Arrêté le 16 novembre 1944, réussit à prendre le large ;

Son épouse Odette est arrêtée à sa place et reste internée 4 mois.

 

Georges GRANDHAYE :

Né en 1892, minotier à Selles (Haute-Saône) ;

Participe à la sécurité et à la protection du site de parachutage du 17 août 1943 ;

Héberge Jean Terver et Marc Claudel à la dissolution du maquis ;

Arrêté le 30 novembre 1943 ;

Incarcéré à Epinal, puis au camp forestier d'Auberive (Haute-Marne) et au camp forestier d’Hauteville (Côte-d'Or) ;

S'évade de ce dernier camp.

 

Armand VERON :

Né en 1898, Commandant de la Brigade de Gendarmerie de Vauvillers ;

Participe à la sécurité et à la protection du site de parachutage du-17 août 1943 ;

Réussit à échapper à la fouille de la gendarmerie par une trentaine d’allemands en civil ;

Disparaît jusqu’à la libération.

 

Jean BRANDY, MAINNIE, VAUTRIN :

Participent à la sécurité et à la protection du site de parachutage du 17 août 1943 :

Disparaissent jusqu'à la libération.

 

Marcel GIBERTON :

Né en 1906, contrôleur de l'enregistrement à Vauvillers (Haute-Saône) ;

Procure des faux papiers et photographies.

 

Edmond BICHET :

Né en 1913, chauffeur du Moulin de Selles ;

Assure les transports suivant les besoins ;

Intègre le maquis 82 de la Haute-Saône en 1944.

 

HENNEQUIN :

Habite la ferme du Mervaux, commune de Monthureux-sur-Saône (Vosges) ;

A la dissolution du maquis, héberge Marcel Brégier, Gaston Désiré et le traître André Beaumont ;

Arrêté en novembre ; libéré 15 jours plus tard.

 Lucie SIMON, boulangère à Claudon, les fromagers de Godoncourt et des Thons, Louis JEANTROUX, Albert ROLLIN, bouchers et Pierre VALLEE, apprenti boucher fournissent des produits alimentaires au maquis.

  

LES ENVIRONS DU MORILLON – (Partie 3)

  



PHOTOGRAPHIE DU GROUPE DES MAQUISARDS - (Partie 4)

Ceux du Morillon, de gauche à droite et de haut en bas.

 1ère rangée : Pierre Hoff, Marc Claudel, Paul Mulot, mort à Rodez, Paul Stouvenel du syndicat, André Beaumont le traître, Jean Terver, mort en déportation.

 2ème rangée : Jean Rouy du Bigneuvre, Gaston Désiré de Passavant, Jean Paulus, René Boyer d'Hennecourt.

 3ème rangée : Denis Froment de Lamarche, Victor Clément, tué à Grandrupt, Emile Ladier de Saint-Julien, Marcel Brégier de Gruey, fusillé, Jean Dufays de Saint-Baslemont.

Photographie extraite de l'ouvrage de Daniel BIGE «LA GESTAPO D'EPINAL» Edition du Sapin d'Or — Epinal


EPILOGUE

 

Dans cette magnifique forêt de la Vôge qui est comme un trait d'union entre les Vosges et la Haute-Saône, entre la Lorraine et la Franche-Comté, cette forêt allant de Claudon à Ambiévillers, d'Hennezel à Passavant, de Gruey-les-Surance à Selles, de Darney à Vauvillers et Pont du Bois, de Montmotier et Fontenoy-le-Château à Corre, des centaines de femmes, d'hommes et d'adolescents, dès 1940, n'ont jamais accepté la défaite.

 Le 5 février 1944, à la suite d'une ignoble trahison, six Amis sont tombés ; d'autres Amis se sont levés à leur place ; certains d'entre eux sont aussi tombés un peu plus loin.

 Cette magnifique forêt continuera à garder en elle, une infinie reconnaissance à ces Héros et Martyrs, qui lui ont rendu Honneur et Liberté.

 Les élèves gendarmes de la 517ème promotion de la 5ème compagnie d’instruction de l’école de gendarmerie de Chaumont ont choisi le gendarmer Bertrand Foliguet comme parrain.



mercredi 14 septembre 2022

Gendarme Édouard BLAISE

 Edouard Marie Joseph BLAISE est né à HENAMENIL (54) le 5 novembre 1893. Il s’est marié le 12 juillet 1920 à VITRY-LE-CROISÉ (10) avec Jeanne Albertine Pauline BRECHAUDAT.

 Parcours militaire :

 Enregistré sous le numéro de matricule 931 classe 1913 à NANCY (54), Edouard BLAISE est incorporé au 18ème régiment de chasseurs à cheval le 1er octobre 1913, il arrive au corps le 27 novembre 1913 comme chasseur de 2ème classe.

Aux armées le 02 août 1914, il est nommé chasseur de 1ère classe le 19 novembre 1914 et brigadier le 28 avril 1915. Il est blessé le 02 juin 1918 et évacué.

 Figurent à sa fiche matricule les campagnes suivantes :

 Aux armées CD du 02 août 1914 au 1er juin 1918 — Blessure de guerre CD du 02 juin 1918 au 1er juin 1919 — Pays Rhénans CS du 07 avril 1920 au 22 mai 1920 — Pays Rhénans demi-campagne du 11 janvier 1923 au 05 août 1923 — Zone aux armées CD du 02 septembre 1939 au 19 juin 1940.

 Parcours gendarmerie :

 Il est nommé gendarme stagiaire à la 20ème Légion de Gendarmerie par Décision Ministérielle du 30 juin 1919 et accomplit son stage au centre d’instruction de VARENNE-SUR-ALLIER (03) du 23 juillet au 26 septembre 1919.

Il est réengagé pour 4 ans le 29 juillet 1919, à compter du 24 juillet 1919, à la Sous-Intendance Militaire de MOULINS (03). Il est affecté à la 20ème Légion de Gendarmerie le 27 septembre 1919. Il est nommé gendarme à pied le 29 septembre 1919. Il est par la suite détaché à la prévôté en Allemagne à la 11ème DI du 07 avril 1920 au 22 mai 1920. Son réengagement pour 4 ans est annulé le 15 novembre 1920, commissionné le dit-jour (décret du 15 septembre 1920). Il est de nouveau détaché à la prévôté de la 11ème DI (Pays Rhénans) du 11 janvier 1923 au 05 août 1923. Passé à l’intérieur le 06 août 1923, il passe à la 8ème Légion de Gendarmerie le 1er janvier 1924 suivant la Décision Ministérielle N° 17216 du 21 novembre 1923.

Rayé des contrôles de la 20ème Légion de Gendarmerie à cette date, il est admis dans le corps des Sous-Officiers de carrière le 31 mars 1928. Il sert à la brigade de BAR-SUR-AUBE (10) en qualité de motocycliste.

 Nuit du 15 au 16 juin 1940 :

 Le 14 juin 1940, la défaite de SEDAN permet à l’armée allemande de briser le rideau défensif du canal de la Marne.

Le 63ème GRDI (Groupe de Reconnaissance de la Division d’Infanterie) composé de motocyclistes, mitrailleurs et cavaliers, se voit confier la mission de ralentir les Allemands.

 Dans la nuit du 15 au 16 juin 1940, vers 4 heures, lors de la reconnaissance d’un axe à l’entrée d’'AVALLON (89), les gendarmes BLAISE et PIERSON sont pris à partie par les Allemands. Le gendarme PIERSON a le temps de se mettre à couvert, cependant, le gendarme BLAISE est atteint mortellement par une balle en pleine tête.

Blessures et citations :

 - Blessé le 04 septembre 1914 à BELLOT (77) : plaie légère de la 3ème phalange de l’index droit par éclat d’obus.

 - Blessé le 02 juin 1918 à DAMMARD (02) : plaie borgne face interne de la cuisse droite et en séton bras droit face interne au tiers inférieur par un éclat d’obus.

 - Citation à l’ordre du Régiment N° 19 du 09 mai 1915 : « est allé le 09 octobre 1914 à HAISNES (62) pendant un combat de nuit relever sous le feu un sous-officier grièvement blessé ».

 - Témoignage de satisfaction à l’ordre de la 8ème Légion de Gendarmerie du 06 mars 1933 « pour l’activité qu’il a déployée et les bons résultats qu’il a obtenus en 1932 dans la recherche des malfaiteurs ».

 - Proposé pour pension temporaire de 15% avec maintien en activité par la commission de réforme de TROYES (10) du 07 août 1936 pour fracture bimalléolaire de la jambe gauche, arthrite du coup de pied.

 - Proposé pour maintien en activité avec pension temporaire de 15 % par la commission de réforme de TROYES du 20 mai 1938 (même motif).

 - Proposé pour maintien en activité avec pension définitive de 15 % par la commission de réforme de TROYES du 22 mars 1940.

 - Maintenu en activité par Décision Ministérielle N° 4753 de juin 1940.

- Tué à l’ennemi à AVALLON (89) par balle à la tête, mort pour la France le 16 juin 1940.

- Rayé des contrôles de la 8ème Légion de Gendarmerie le 17 juin 1940.

 Décorations :

 - Citation à l'ordre du Régiment avec attribution de la Croix de guerre 1914-1918 avec étoile de bronze, 09 mai 1915.

 - Médaille commémorative de la Grande Guerre, loi du 23 juin 1920.

 - Médaille de la Victoire, loi du 20 juillet 1922.

 - Médaille militaire à titre normal par arrêté du 04 février 1921 pour prendre rang à la date du 16 juin 1920. A droit au port de la fourragère.

 La 487ème promotion de l’école de sous-officiers de CHAUMONT (52) a été baptisée « promotion gendarme BLAISE » le 16 mars 2018. Sa fille était présente à la cérémonie.

 La brigade de BAR SUR AUBE porte le nom de « Gendarme BLAISE ».

 (SOURCES : DelPatGend - Site lessor.org — Fiche matricule)